Chapitre I : « Levez Vous ! La Communauté Prend La Route »

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Chapitre I : « Levez Vous ! La Communauté Prend La Route »

Message par Lomelindë le Jeu 12 Fév - 22:52


Et ses yeux s’ouvrirent de nouveau sur le monde.

Il aura mis du temps à mettre au point ce sortilège, celui que l’on surnommait jadis Zigûr, (« Le Magicien »), dans la langue des hommes de Numénor. Après ces millénaires de déconvenue, d’errance, il était enfin parvenu à prendre forme, à utiliser la matière à ses fins. Ce personnage, cet être, n’était qu’un ersatz de celui qu’il était autrefois, bien entendu, mais cela suffirait sûrement pour faire souffler sur lui le vent de la victoire. Il n’avait pas abandonné l’idée de prendre sa revanche, et cette dernière avait été mûrement pensée, réfléchie, construite. Rien ne se mettrait plus en travers de son chemin. Ses projets étaient multiples, mais il fallait placer un pion à la fois, tout en ayant plusieurs coups d’avance.

** Ce réveil dans la matière a quelque chose de douloureux. Serait-ce ce corps qui me cause ces sensations ? Et cette odeur ? Ma tête me fait mal. Mes yeux ne sont pas encore habitués à la lumière. Les sons nombreux et diffus parviennent jusqu’à mes oreilles, et cette cacophonie participe à cette migraine naissante. Le temps me manque pour apprivoiser ce corps. Il me faut provoquer ma chance **

Sitôt sa résolution prise, il sombra dans un profond sommeil. Son corps, adossé à l’arbre avait déjà besoin de repos. Prendre forme physique était plus difficile qu’il n’y paraissait. Des centaines d’années avaient été nécessaires, afin de mettre au point pareil sortilège. Une sombre magie, qui comme toute pratique occulte avait sa contrepartie. Les heures passèrent, inexorablement.

Le Crâne lourd, le corps lent, il parvenait à générer des mouvements de plus en plus rapides, ses sens s’accoutumaient à leur nouvel environnement. Ce n’était pas son corps, certes, mais il avait hâte de passer à la seconde phase de son plan. L’errance, lui serait utile. Plus qu’une condition, qu’une punition, elle serait l’arme de sa vengeance, l’outil de sa victoire, et c’est par elle que tout commencerait. Sa mission première ? Rallier Imladris. Où pouvait-il se trouver à cette heure où le soleil débutait péniblement sa course ? L’odeur était étrange, et même si ses souvenirs étaient loin, bien loin oui, il ne pouvait se souvenir d’autres choses que des vapeurs émanant du Mordor. La chaleur des fournaises, les fragrances de souffre, la puanteur des créatures qui lui servaient de chair à canon. Avait-il seulement connu un jour de plaisantes exhalaisons ? Peut-être bien, mais tous ses souvenirs semblaient épars, absents, comme s’ils n’avaient pas intégré cet amas de chairs, d’os, et de fluides divers et variés.
N’obéissant qu’à son instinct de vengeance, il ne prit aucunement le temps de réfléchir à la question de savoir comment faire fonctionner ce corps, son hôte. Les choses se mirent en marche naturellement. Sans ambages, il suivit l’intuition qui s’imposa en son sein, et prit la route. Si la patience est mère de toutes les vertus, alors la vengeance est celle de tous les vices.
¤¤¤

Le Temps. Voilà bien une notion dont il n’avait plus aucune commune mesure. Un jour, Un siècle, un millénaire. Cela comptait-il encore, lorsque de sombres desseins, de sombres émotions en viennent à vous étreindre, à vous ronger de l’intérieur ? Cela a –t-il encore un sens quand l’éternité s’apparente au néant, quand l’espoir d’un retour s’enfuit, s’évanouit ? Plus que la torture physique, il faut pouvoir s’imaginer, ne serait-ce qu’un instant, être réduit à l’état d’un esprit, d’une volonté, d’une simple pensée arpentant les vastes terres, condamné à l’oubli, à l’inexistence ? Dans cette absence de tout, l’on en vient à douter de sa propre parole, de sa propre initiative, de sa propre existence. Est-il une douleur plus insupportable que de se dérober à soi-même ? Prendre corps, prendre forme, à nouveau, c’était là une chance qu’il ne laisserait pas passer.

** Je ressens cette chaleur, la hauteur, je peux me fondre dans les flammes de cette pupille, de cet œil qui voit tout. Mon esprit semble se scinder en deux. Puis –je être ici et là-bas ? Mon champ de vision se module et obéit à ma volonté. Parfait. Je ne pensais pas que ce sort irait si loin et qu’il serait si complet. Le temps est donc mon allié. Si ce n’est pas de l’ubiquité, ça y ressemble fortement.  Pourtant, je sens déjà cet hôte s’affaiblir.

Il semble y avoir quelques réglages à faire, pour qu’il puisse supporter l’énergie et le pouvoir qui sont les miens. Utiliser cette faculté fatigue trop ce corps. Je sens déjà mes jambes flancher. Ma tête tourne, et j’ai le souffle court. Je commence à comprendre et à entrevoir ses limites. Il me faut y aller progressivement. Ce bref aperçu m’a permis, au moins, de m’aiguiller et de savoir quelle direction prendre. Il me reste de nombreux jours de marche avant de pouvoir atteindre Imladris. Il me faudra vite réapprendre les rudiments de la chasse et de la pêche si je veux y arriver vivant. **


C’est le corps encore fragile, qu’il se dirigea vers la prochaine étape de son périple. Ne serait-ce qu’un temps, sa détermination avait pour lui la consistance d’une nourriture bien terrestre.

_________________
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Message par Aragorn le Sam 14 Fév - 0:16


La route était sombre et inhospitalière alors que "Grands-pas" marchait en direction d'Imladris accompagné du téméraire Samsagace Gamegie, Hobbit de la Comté et jardinier à ses heures perdues. L'ambiance s'avérait sourde et oppressante pour les deux compagnons, qui ne prononçaient mots, car aucun mots ne purent être prononcés à cet instant.
On dit souvent que rien n'était plus puissant qu'une mer déchaînée, mais c'était en réalité faux. C'était aussi le cas pour une rivière enragée. Néanmoins, près du gué de Bruinen, l'ambiance était à présent calme et la nature avait repris son cours. Rien n'y personne n'aurait pu alors imaginer ce qui s'était réellement passé à cet endroit. Mais près d'un rocher, au bord de la rivière, se trouvait le morceau d'un étrange lambeau de couleur noir. Aucun bruit, aucune lumière, aucun souffle n'aurait pu embellir ce tissu, car dans les ténèbres qui entouraient ce lieu, rien ne s'égayait. Malgré ce mal environnent, une faible lueur persistait. Elle était comme ce signe d'espoir persistant à dire que rien n'est jamais terminé, qu'un avenir est toujours dissimulée derrière la nuée ombragée qui la couvre.

Aragorn repensait à Glorfindel, cet Elfe aux "cheveux d'Or", venu de Terres lointaines. Leur rencontre fut brève mais nécessaire puisque le semi-homme Frodon Sacquet devait être admis à Fondcombe sous peu. Celui-ci venait d'être transpercé par une lame de Morgul, et ce, malgré l'aide du chef des Dunedains qui ne put rien faire pour porter secours à celui qu'il devait protéger. Pourtant, ce n'était pas la culpabilité qui abritait les pensées du rôdeur à cet instant, mais plutôt un profond questionnement sur les échéances à venir. Sauron, le Seigneur des ténèbres était bel et bien de retour et il fallait à présent trouver le moyen de rendre cet être immortel impuissant à tout jamais. Aragorn attendait donc fermement le Conseil qui allait se tenir à Fondcombe, si bien qu'il ne pouvait s'empêcher d'imaginer les différents scénarios possibles... Lui, le descendant d'Isildur qui cherchait inexorablement l'exile pour échapper à son destin. Il savait que le sang de son illustre prédécesseur coulait dans ses veines et il redoutait cela, cette faiblesse qui le conduisit à la mort tout en laissant échapper une chance inespérée de vaincre Sauron. Même si il comprenait tout le mythe qui entourait Isildur, Aragorn ne veinerait pas ce personnage, ni ne le détestait. Il était paradoxalement tiraillé entre un sentiment de haine et d'admiration. Pourrait t'il surmonter la faiblesse de son ancêtre, ou sombrerait t'il lui aussi dans la folie ? Cette réponse, le Dunedain, généralement sur de lui, n'en connaissait pas la réponse. Par conséquent, il ne voulait prendre aucun risque par rapport à l'anneau, pour ne point risquer de voir son être ébranlé.

Le temps se couvrait sur la route menant à Imladris et la pluie résonnait dans la tête d'Aragorn, semblable aux battements d'un tambour, qui ne cesserait qu'une fois la réponse trouvée. Sam Gamegie, quand à lui, avait fait preuve d'une étonnante combativité face aux Nazguls ce qui ne manquait pas d'attirer l'attention du rôdeur. En effet, parmis touts les Hommes, les Nains, les Elfes qu'il avait pu rencontrer, peu de personnes auraient été si fortes psychologiquement. Ceci s'avérait d'autant plus intéressant pour le rôdeur que la communauté des Hobbits semblait être un groupe soudé, comme une grande famille qui ne laisserait jamais quiconque porter atteinte à un de leur semblable. Aragorn, qui cherchait des réponses quand à sa propre résistance face au pouvoir du Mordor, ne pouvait qu'être admiratif devant tant d'humanisme et de courage.
Alors que les pensées s’apaisaient peu à peu, nos deux compagnons s'approchaient à un grand pas du Royaume d'Elrond où le Conseil devait avoir lieu. Aragorn, sentant Sam inquiet quand au sort de son ami, ne put s'empêcher de le rassurer.


-Encore un peu de patience Sam, Fondcombe n'est pas loin. Ne vous en faites pas pour Frodon, j'ai vécu longtemps dans cet endroit et je peux vous assurer que vous ne trouverez pas meilleur guérisseur qu'Elrond.

Ils reprirent alors la route d'un pas plus décidé encore.

Aragorn

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Message par Pjaah Briskwind le Dim 22 Fév - 20:32

Elle suit le chemin de lumière qui s’étend à ses pieds. La route est longue, sinueuse, difficile, mais elle la suit tout de même. Elle n’a rien d’autre à faire, après tout. Tout est noir, autour d’elle. Pas de paysage, rien. Seulement ce noir effrayant, et cette lumière aveuglante à ses pieds. Soudain, des murmures se font entendre dans son dos. Elle se retourne alors, et dévisage ceux qui la suivent. Des hommes, certains jeunes, le corps barré d’une plaie affreuse, ou des vieillards pliés en deux par l’âge. Une petite fille aux grands yeux innocents, la plaie à la gorge qui lui a été fatale brillant comme un collier de rubis. Ceux qui ont partagé sa route. Sa gorge se noue, mais elle se fait violence pour se retourner, ne pas les regarder. Ne pas regretter.

La route est encore longue, elle progresse. Mais, alors qu’elle entrevoit Kracnaya au bout du chemin, quelqu’un lui barre la route. Legolas. Un grand sourire moqueur aux lèvres, son regard narquois. La haine l’envahit, brûlante comme un fleuve de lave, mais elle ne peut pas bouger. Elle ne peut que subir, encore une fois, son mépris.

« Rester éternellement avec vous, quelle idée, Pjaah. Vous n’êtes qu’une petite fille naïve, c’en est presque…pitoyable. Penser que quelqu’un comme moi resterait aux côtés d’une barbare stupide comme vous… Oui, il est vrai que je vous l’ai promis, mais vous étiez sur le pont de mourir, et je pensais que c’en était fini de vous. Si j’avais su que vous survivriez, je vous aurais moi-même achevé. Allons, pourquoi ces larmes ? Vous pensiez que je vous aimais ? Allons, Pjaah…qui pourrait vous aimer ? Pour moi, vous n’aviez qu’un intérêt diplomatique. C’est la seule chose à laquelle vous étiez bonne, d’ailleurs. Je vous en prie, gardez donc vos rêves de petit enfant pour vous. Quelle naïveté, vraiment… »


Pjaah s’éveilla en sursaut, le cœur au bord de l’explosion, un rugissement de rage et de haine coincé dans la gorge. Jaillissant du lit comme une furie, elle sortit de la cabane de bois dans laquelle elle vivait depuis la mort du dernier humain qu’elle avait accompagné, et hurla de toute la puissance de ses poumons. Les gens de la région avaient même fini par penser qu’une créature agressive s’était installée dans leurs montagnes, et organisaient régulièrement des battues. S’ils savaient…

Mais pour l’heure, Pjaah n’en avait cure. Sa colère était la plus puissante que sa raison. Elle hurla, encore et encore, jusqu’à ce que sa gorge la rappelle à l’ordre, qu’elle réalise que des larmes dévalaient ses joues, et que le peu de fierté qui lui restait venait de partir en lambeaux. Comme à chaque fois qu’elle faisait ce cauchemar. Honteuse, elle essuya vivement ses larmes avec son bras et retourna à l’intérieur.

Là, elle jeta au sol ses vêtements de nuits et alla se planter devant le grand miroir qui trônait dans la chambre secondaire, s’observant d’un œil critique. Se regarder, examiner son corps mince et couple, ses cicatrices, l’aidaient à reprendre pied dans la réalité, à assimiler son passé et à avancer.

Elle regarda la cicatrice verticale qui lui barrait l’œil droit, et celle, horizontale, qui lui traversait le nez. Inspira, s’empêchant de céder à l’ouragan de colère qui grondait en elle. Passa. Le tatouage noir qui ornait son bras droit lui arracha un sourire amer. Un humain ou un Elfe le trouverait sans doute beau. Un Yondaï saurait de quoi il s’agissait. Une Marque de Honte. Elles étaient rares, car nul Yondaï n’accepterait de porter une preuve de sa faiblesse au vu et au su de tous. Pjaah en portait deux. Celle-ci cachait tant bien que mal la cicatrice boursoufflée qui prouvait que quelqu’un avait un jour réussi à lui trancher le bras. L’autre…

Pjaah effleura du bout des doigts le haut de son sein droit. Les pointes et les rondeurs de ce tatouage n’évoqueraient rien à personne d’autre qu’elle-même, et c’était le but. Elle se l’était gravé dans la peau deux jours après son départ de Foncombe, des siècles plus tôt, et avait rouvert la plaie jour après jour en y incorporant un colorant brun, jusqu’à ce que sa peau marque.

Soudain, une toux discrète se fit entendre, et la jeune guerrière fait volte-face, une main sur le poignard de verre Yondaï qu’elle gardait toujours à ses côtés, foudroyant l’Elfe qui avait eu le malheur d’entrer chez elle du regard. Ce dernier recula imperceptiblement, impressionné malgré lui. Même nue et armée d’un simple poignard, la Yondaï était terrifiante de bestialité. Ses lèvres retroussées sur ses dents acérées, son regard furieux, sa posture d’attaque...on lui avait dit qu’elle risquait d’avoir des réactions assez baroques, mais il ne s’attendait certainement pas à ça. S’obligeant à reprendre un visage neutre et de ne pas bagayer, l’Elfe prit la parole.

-Pjaah Briskwind ?

-Toi, tu sors de chez moi, gronda la rousse d’une voix sourde.

-Si vous pouviez vous rhabiller dans ce laps de temps, je vous en serais des plus reconnaissants…

-DEHORS !!!!

L’Elfe ne se fit pas prier d’avantage, se jetant dehors avant que la jeune femme ne se décide à l’attaquer. Une fois seule, Pjaah s’autorisa un feulement rageur et empoigna ses vêtements, les enfilant rapidement. Elle ne savait pas ce qu’il lui voulait, cet Elfe à la noix, mais plus vite elle le saurait, plus vite il s’en irait.

-C’est pour quoi, maugréa t’elle en sortant de sa maison, resserrant son corset autour de sa taille fine.

L’Elfe, qui attendait assit sur une des pierres situées non loin de la maison, releva la tête et se redressa.

-Le Seigneur Elrond vous mande en Imladris, Dame Pjaah. C’est une affaire de la plus haute importance.

-Et le Seigneur Elrond ne pouvait pas m’envoyer un pigeon plutôt que vous ?

-Il n’était pas sûr que vous receviez le message, ni même que vous soyez dans la capacité de le lire. Alors il a préféré m’envoyer moi, afin d’être certain que vous refusiez en connaissance de cause.

Un rire narquois échappa à la jeune Yondaï. Le Seigneur Elrond la connaissait vraiment mieux qu’elle ne l’imaginait. C’était assez extraordinaire que quelqu’un qu’elle avait si peu côtoyé en sache autant…

-Quelle affaire ?

-Il a refusé de m’en dire plus. Juste que vous deviez vous rendre en Imladris en tant que représentante des Yondaïs.

Pjaah haussa un sourcil.

-Il a ajouté que vous avez toujours une dette envers lui et la cité, et qu’il serait plus que temps de l’honorer.

La jeune femme pesta. Il la connaissait vraiment très bien, cet Elfe. Le sens de l’honneur des Yondaïs était légendaire, après tout, et elle ne faisait pas exception à la règle.

-Bien, bien, lâcha-t-elle à contrecœur. Je viendrais. Quand ?

-Le plus tôt sera le mieux.

Elle opina, entrant dans la maison avant d’en ressortir avec un bol de ragout, qu’elle plaça sans douceur dans les mains du messager. Ce dernier la remercia d’un signe de tête, avant de jeter un regard inquiet aux poignards que Pjaah accrochait à sa ceinture. Les lames de verres Yondaïs étaient réputées, et jamais il n’avait eu l’occasion d’en voir d’aussi prés.

-Vous vous battez avec ça ? Ce n’est pas trop fragile ?

-C’est solide comme le meilleur acier, tranchant comme un rasoir, et léger comme du papier. Jamais je n’ai cassé une seule de mes lames. Mais rien ne vaut les lames de cristal, quand on est un guerrier Yondaï. Ça coûte horriblement cher, mais vous êtes assuré d’avoir une arme qui vous durera des générations sans s’émousser, lâcha distraitement la rousse en vérifiant ses lames. Il n’a aucun veto contre les armes ?

-Heu…pas que je sache. Vous en avez une ?

-De ?

-De lame de cristal.

-Une épée, et sept poignards, répondit Pjaah, laconique.

Elle commençait à avoir l'habitude de la curiosité des gens vis à vis de son peuple, mais ça devenait lassant.

L’Elfe siffla, admiratif. Il devait être jeune, ou bien avoir été élevé par des Hommes...

-Vous deviez être sacrément riche.

-J’étais Reine. Alors j’avais toutes les armes que je voulais, marmonna Pjaah avec amertume en sortant de son sac un lourd manteau de soie écarlate brodé avec richesse et doublé de fourrures.

L’une des seules choses qu’elle avait pu sauver du désastre de Nïthal. Son manteau de couronnement. Et il allait encore servir, apparemment.

*

Le jour se levait à peine sur Foncombe quand Pjaah en passa les portes, le ventre noué par un inexplicable malaise… Enfin, inexplicable…quand on savait ce qu’il s’y était passé… La rousse serra les dents, la colère menaçant de nouveau. Hemjir, son cheval, une superbe bête Isabelle fumé, douce, docile mais puissante, donna quelques coups de tête en l’air tout en soufflant d’inquiétude. Cette bête était vraiment très sensible. Pjaah lui tapota doucement les flancs et descendit dans un grand bruissement de tissus et de perles.
Jamais en deux cent cinquante ans de fuite elle n’aurait pensé reporter ses vêtements de cérémonie Yondaï. Trop salissant, trop délicat, trop précieux. Trop incompatible avec sa vie actuelle.

-Pjaah Briskwind ! Vous êtes en bien meilleur état que celui dans lequel je vous ai trouvé autrefois.

La jeune femme sourit, s’inclinant avec politesse devant l’Elfe qui venait à sa rencontre.

-Seigneur Elrond. Veuillez m’excuser de ne pas vous avoir retourné votre messager, mais je l’ai chargé de trouver quelqu’un à qui léguer ma maison. Car si vous m’avez fait convoquer ici, après ces longs siècles, c’est que vous devez avoir une mission à me confier.

Le Seigneur Elrond sourit légèrement, lui faisant signe de le suivre.

Ils allaient avoir des choses à se dire avant le Conseil.

[FINI Smile]

Pjaah Briskwind

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Re: Chapitre I : « Levez Vous ! La Communauté Prend La Route »

Message par Glorfindel le Ven 27 Fév - 17:30

Imladris, la vallée cachée... nul autre meilleur endroit où un elfe pourrait trouver refuge, repos, nourriture mais pas seulement. J'étais revenu d'une entrevue avec les grands elfes de la Terre du Milieu, les dirigeants nous avait réunis pour tenter de directement agir contre le retour de Sauron ainsi que de l'épuisement des forces de la lumière face à l'obscurité qui allait gagné peu à peu toute la Terre du Milieu. Cette réunion secrète non seulement pour les hommes et les nains mais aussi pour les elfes n'étant pas assez haut dans notre hiérarchie s'était soldée par une simple attente tandis que les plus fragiles et sensibles d'entre nous quittaient déjà cette Terre autrefois bénie avant le retour du mal. Même les plus forts d'entre nous s'affaiblissaient, notre dame de lumière elle-même était consciente que les choses allaient mal tournés mais elle ne pouvait pas agir pour l'heure.

Après mon rapport à Elrond, le maître des lieux qui avait choisit de ne pas quitter Fondcombe et m'avait envoyé à sa place, je l'avais laissé, dubitatif semblait-il et je m'étais rendu dans notre bibliothèque ancienne contenant nos plus grands secrets, nos plus grandes histoires et nos faits les plus héroïques. Nous étions des êtres de lumière, êtres que Morgoth et son digne successeur Sauron ne pouvaient supporter. Notre présence leur était insupportable et notre élimination ferait leur plus grand bonheur même si le sombre Morgoth errait désormais dans un monde inconnu où la matière n'existe pas. Je me surpris à penser à ces deux êtres démoniaques, ce n'était absolument pas dans mes habitudes de songer à ce genre de créatures immondes qui ont souillés cette Terre du Milieu et provoqué nombre de désastres ici-même.

L'un des livres présent dans cette immense structure dont la moindre partie avait été joliment travaillée par les artisans elfes des âges précédents celui-ci, chaque motifs, chaque petit bout de bois avait été taillée avec la plus grande des grâces, attira mon attention. Il s'agissait du livre racontant l'histoire de la chute de Gondolin, cette cité dissimulée par des immenses montagnes dans laquelle j'avais été il y a fort longtemps. Comme pris par un sentiment étrange, je semblais perdre conscience, la magie des elfes semblait opérer sur moi, je n'étais plus à Imladris... mon corps y était encore mais mon esprit venait d'être happé par les mots et avait plongé une fois encore dans cette sombre époque où la guerre entre Morgoth et les Noldor faisait rage... nous ne savions pas à l'époque ce qui allait se produire, si nous l'avions su, nous aurions quitté cet endroit bien plus tôt.

[histoire de Gondolin]

Été 510 du Premier Âge...

Moi Glorfindel, dont le nom signifie en Noldor « Cheveux d'or » me trouvait à Gondolin en compagnie d'Ecthelion, brave elfe dont la renommée devint aussi importante que la mienne plus tard. Nous nous trouvions dans cette merveilleuse citée, bien cachée au milieu de montagnes, accessible uniquement par la voie des cieux ou un petit chemin escarpé dont seul les hauts dirigeants de la ville connaissaient l'existence. Tous semblaient passer de merveilleuses journée dans cet endroit paisible en ces temps de guerre, le soleil illuminait les lieux, il ne faisait ni trop chaud ni trop froid, l'eau était présente en abondance, la nature dominait littéralement les lieux et les Aigles, ces immenses oiseaux ayant obtenu la bénédiction et l'amitié des elfes venaient souvent rencontrer ces derniers. Mais dans l'ombre... nombre de choses se passaient tandis que nous ne nous doutions de rien, ni moi, ni Echtelion ni même le fondateur de cette ville.

Un homme nommé Tuor finit par atteindre la cité, un homme des plus normal mais en lui se cachait une étrange force que nous les elfes avions perçu. En effet, cet homme avait été choisit par le grand Valar, Ulmo pour avertir le roi de Gondolin des dangers que représentait Morgoth à cette époque. Ayant assisté à cet entretien, je fus consterné par l’insouciance du roi Turgon vis-à-vis de cette menace. Même après avoir eu une entrevue avec moi et Ecthelion il n'avait rien voulu entendre de plus et ce fut l'erreur la plus fatale qu'il ait faite de sa vie. Il ne connaissait pas la puissance des Valars qui préféraient l'employer à bon escient mais la puissance d'un Valar tel que Morgoth qui n'avait aucun regret à user de sa puissance divine pour écraser ses adversaires était bien plus à craindre que toute autre.

Tuor dans sa grande naïveté ne s'était pas rendu à cette cité par la voie qui aurait pu éviter tout ce carnage, il avait emprunté le chemin secret dissimulé dans les montagnes pour s'y rendre et malheureusement, les espions de Morgoth étaient nombreux... C'est lors de cette même année que le neveu du roi se fit capturé par les Orcs de Morgoth et ce dernier doté d'une lâcheté sans pareille agrémentée par une jalousie sans limite à l'égard de Tuor qui s'était mariée avec la fille du roi de Gondolin. Il livra la citée sans le moindre regret à Morgoth en échange de la princesse de Gondolin mais il ne savait pas que les mots de ce Valar n'étaient que purs mensonges... il l'appris bien trop tard lorsque venue de nulle part, une épée lui transperça le cœur sous les yeux et le sourire amusé du Valar déchu... mais dans l'ombre... il préféra attendre.

C'est lors de la fête de l'été que tout bascula... nous l'avions senti Echtelion et moi, nous nous étions plus ou moins préparé mais sous les ordres du roi nous ne devions pas alerter les habitants avec nos platitudes et nos pouvoirs elfiques étranges disait-il... Il avait pleine autorité sur nous et il avait notre allégeance et notre obéissance. Les habitants, tous enjoués lors de cette grande fête, festoyaient, riaient, dansaient, buvaient et jouaient tous dans une humeur qui ne laissait pas présager une bataille... bien loin de là. Enivrés par cette fête, ils semblaient tous avoir oublié que la guerre contre le Valar faisait rage et qu'au sein de cette ville demeuraient bon nombre de Noldor, principaux ennemis du Sombre Morgoth.

Tandis que j'observais les habitants d'un œil attentif, je sursautais tout comme la plupart des personnes présentes lorsqu'un cri d'une horreur sans commune mesure se fit entendre dans les cieux. Le soleil avait disparu, une ombre avait recouvert Gondolin... ce cri, venu d'un animal odieux glaçait le sang de tous mais leurs cris d'horreur qui suivirent ce qu'ils avaient vu ne firent qu'accentuer la soif d'insuffler la crainte de la bête. Sans crier garde, Echtelion et moi nous étions jetés dans la foule afin de leur demander à tous de se diriger vers le seul endroit où ils pourraient fuir, le chemin secret. Au-dessus de nous, l'enfer sur... une multitude de Balrogs, fouets et épées en mains, leur corps brûlant et leur cri insufflant la crainte... une multitude de dragons aux écailles brillantes, les flammes prêtes à surgir de leurs immenses gueules... une multitude d'orcs et de Loups non pas dans les cieux mais barrant l'accès au chemin secret se dressèrent devant nous tandis que dans notre dos la citée brûlait déjà.

Les plus braves des guerriers se jetèrent sans hésiter sur les orcs et les loups, tout comme moi et mon ami Echtelion et nous avions remporté cette bataille par la grâce du Valar Ulmo qui avait sans doute veillé sur nous depuis son trône au-delà de tout. Profitant de cette ouverture, nous nous étions tous précipités vers le chemin secret dans l'espoir de sauver le maximum de personnes, j'étais devant, je guidais les habitants tandis qu'Echtelion restait derrière à ses risques et périls. Certains d'entre eux titubaient, d'autres  tremblaient de peur, ils ne savaient pas ce qui leur arrivait mais malgré tous mes efforts pour trouver le roi, je ne l'aperçus pas dans ce chaos. Les cris mêlés à des pleurs qui m'entouraient commençaient à me donner le tournis, toute cette souffrance, cette peur... ces effets néfastes m'avaient affaiblis jusqu'à ce que, toujours en tête du groupe, j'entendis un fouet claquer non loin de nous.

Levant les yeux au ciel, je vis un Balrog me prendre pour cible et venir s'écraser devant moi bloquant l'avancer des habitants. Il ne m'attaqua cependant pas maintenant, m'observant fit disparaître son fouet... Il tira alors quelque chose de sous son aile brûlante et je vis le corps carbonisé du traître... du vil neveu du roi qui avait vendu sa citée et qui était désormais passé dans l'autre monde. Le Balrog jeta alors le corps dans le vide car oui, nous nous trouvions en haut d'une falaise qui menait tout en bas des montagnes. La trêve ne dura pas longtemps, le Balrog se saisit de son épée et laissant échappé un cri terrible libérant toute sa chaleur intérieure, désagréable mêlée à une odeur de décomposition presque achevée. Me saisissant de mon épée, je lui faisais face bravement, sans montrer le moindre de signe de faiblesse face à cet adversaire bien plus grand et bien plus fort que moi... il était cependant d'ombre et de flammes alors que j'étais un être de lumière sur lequel veillait un Valar. Lorsque l'épée de flamme rencontra la lame elfique, le choc fut si intense, les flammes dégagées furent telles que certains habits des rescapés s'enflammèrent provoquant une nouvelle fois des cris de stupeur et de souffrance. La grande épée de feu s'était néanmoins dissipée après le choc mais pas la lame elfique. Lorsque la tempête de flammes se dissipa sous forme de vapeur, les autres avaient sans doute pu apercevoir un bouclier peu visible autour de moi qui disparu sous forme de gouttelettes d'eau. J'avais maintenant compris que je n'étais pas seul dans ce combat, j'étais un serviteur des Valars et l'un des plus puissant me prêtais sa force lors de ce combat. Le fouet du Balrog vint alors frapper mon flanc droit mais par réflexe j'avais réussi à le trancher le faisant disparaître tout comme son épée. L'air étonné de la bête me fit sourire mais je savais à cet instant que je n'en sortirai pas indemne... Jetant un ultime regard sur la troupe qui me suivait et sur mon ami Echtelion qui semblait lui aussi aux prises avec un de ces monstres, je leur souris avant de prononcer ces mots :

Je suis un serviteur d'Ulmo, vous, créatures de Morgoth avez appris à craindre son pouvoir, désormais, faites face à sa colère!



Une petite source d'eau coulait à mes pieds, dans laquelle je plongeais l'épée elfique que je tenais. L'eau serpenta l'épée jusqu'à sa garde la rendant encore plus légère qu'elle ne l'était déjà tout comme mon corps. La crainte visible sur le Balrog, sa fureur ne faisant que s'accentuer, il fit l'erreur de frapper la paroi rocheuse se trouvant non loin de moi et saisissant l'occasion, je me précipita vers lui et passant sous son immense bras noir, je plantais la lame enchantée par Ulmo en plein milieu de son corps. Laissant échapper une nouvelle fois un cri terrible, on voyait la bête agoniser, l'eau s'étant infiltrée dans son corps, il n'allait plus survivre en l'absence de feu en lui. Il fumait encore et encore piquant les yeux des habitants mais il n'avait malheureusement pas dit son dernier mot. D'un coup vif, il parvint à me frapper si fort qu'il envoya mon corps par delà le sentier secret, dans le vide...je tombais sans pouvoir me rattraper à quelque chose et regardant au-dessus de moi, je voyais la bête tomber aussi... plus de cris, plus de hurlements, plus de feu et plus de fumée... j'étais parvenu à l'éliminer, le peuple pourrait continuer à avancer sans mon aide.

Je me réveillais par la suite dans un endroit baigné de lumière et je compris que j'avais perdu la vie lors de cet affrontement. Néanmoins, il se passa une chose à laquelle je ne m'y attendais pas, je reçu la visite d'Ulmo qui ne se montrait qu'en de rares occasions. Il était venu et m'avait assuré que ma tâche n'était pas achevée... je fus donc renvoyé pour accomplir mon destin et...

[fin de l'histoire]

Mon esprit fut tiré soudainement du livre, quelqu'un était venu et m'avait réveillé de ma... transe. Un elfe du nom de Indir m'avait confié une mission des plus dangereuses... Je devais aller aider Aragorn, ami des Elfes qui était aux prises avec les spectres de l'Anneau. Ainsi donc Sauron s'était bel et bien éveillé, mais pourquoi Aragorn était-il aux prises avec ce genre d'ennemis aussi loin du Mordor... Peu importait, j'avais pris mon cheval blanc et mon épée et j'étais parti seul aussi vite que possible. Le trouver avait été facile, je n'avais rencontré aucun ennemi même si leurs cris de désespoir insufflant la peu dans les esprits faibles se faisaient entendre ici et là. J'avais retrouvé Aragorn et je compris pourquoi j'avais été envoyé moi et pas quelqu'un d'autre. Avec lui, un hobbit blessé qui perdait de son innocence, de sa lumière... en lui grandissait le pouvoir des ombres. Il avait été poignardé par une lame de morgul... les Nazgûls étaient bien de retour.

Prenant sur mon cheval le petit hobbit, nous avions pris la direction d'Imladris même si les spectres nous talonnaient de très près.. L'affrontement devint inévitable lorsque nous atteignîmes le Gué de Bruinen, d'où l'eau coulait abondamment. Le choc des épées fut impressionnant, l'agilité d'Aragorn sauva les hobbits et moi même à plusieurs reprises. J'avais ordonné à ma fidèle monture de passer de l'autre coté de la rivière avec le hobbit tandis que moi et Aragorn nous retenions les spectres assez difficilement je l'avoue. Une fois les hobbits de l'autre coté du Gué, j'ordonnais au rôdeur de les rejoindre et il s'exécuta immédiatement. J'étais sur ses talons et une fois de l'autre coté, les spectres continuaient de demander qu'on leur livre le semi-homme. Regardant l'eau, j'invoquais le grand Ulmo de me venir en aide une ultime fois et l'eau, calme jusqu'ici se déchaîna... Du haut du Gué, une déferlante d'eau pris la forme de grands étalons majestueux et balaya tous les spectres présents les éloignant le plus possible de Fondcombe.

Entendant le hobbit suffoqué et presque totalement tombé dans les ombres, je m'étais précipité avec lui aux côtés d'Elrond qui sans hésité et dans son immense bonté avait soigné la plaie, extrait le morceau de lame et éloigner les ténèbres de ce petit être. Ayant effectué cette guérison en ma présence, l'anneau que portait ce jeune fit naître en moi une crainte et des souvenirs d'antan...

Morgoth... Sauron...

Glorfindel

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Re: Chapitre I : « Levez Vous ! La Communauté Prend La Route »

Message par Lomelindë le Mer 4 Mar - 18:26

Aulendil était arrivé la veille à Imladris. Le visage cerné, fatigué, et ses cheveux d’or en pagaille. Ses oripeaux laissaient à désirer et trahissaient sa condition de vagabond. Il était inconnu à Imladris, mais Elrond ne suivant que son bon cœur, et les traditions liées à l’hospitalité de cette enclave coupée du monde, le laissa entrer, afin de se sustenter et recouvrer quelques forces, avant de repartir et  d’entreprendre un nouveau périple.

Le soir même, alors que peu d’étrangers se trouvaient dans cette contrée reculée, Aulendil partagea en compagnie d’Elrond et de quelques elfes, un somptueux repas. Il s’attabla, vêtu d’habits propres, chatoyants, aimablement fournis par le seigneur de ces lieux. De nombreux légumes, fruits, aussi bien sucrés qu’amer, fromages en quantités, vins et bien d’autres mets appétissants avaient été mis à disposition sur la longue table de pierre. De la musique accompagnait ce festin, alors que le soleil déclinait lentement, jusqu’à atteindre l’horizon, d’où il disparut, laissant le temps à Elrond de poser quelques questions, dans l’espoir d’en apprendre plus sur cet étranger, et de connaitre l’histoire qui était la sienne, tout en le ménageant pour ne pas l’incommoder.  

Aulendil, embêté tout d’abord, prit quelques secondes de réflexion avant de pouvoir délivrer une réponse qu’il voulait franche, et naturelle à la fois.

« Pour dire le vrai, cher Seigneur Elfe, je ne puis vous répondre. Mon histoire ne m’appartient plus, et ce depuis un temps que je ne puis définir. C’est à la recherche de ma mémoire, de mon passé, de mon identité que je suis parti. Les jours passés ne sont pour moi que profondes ténèbres, et mon cœur saigne de ne pouvoir remettre la main sur de si précieuses informations.

Aussi un jour, je me suis éveillé, gêné par la pluie glacée battant violemment mon visage. À des lieues à la ronde, la lumière avait déserté la contrée dans laquelle je me sentais comme prisonnier. Combien de temps avais-je été inconscient ? Il me serait encore aujourd’hui impossible de le dire. De même, je ne saurais guère vous dire le nombre de jours qui ont pu passer depuis ce jour. Ne sachant que faire, je me suis mis en quête de réponses, espérant pouvoir obtenir plus d’informations en observant mon visage se refléter dans l’eau, ou en questionnant de vagues pèlerins croisant ma route. En vain. Tout souvenir semblait avoir déserté mon être. Au détour d’une conversation, dans une lointaine auberge, j’entendis parler de la légendaire contrée d’Imladris. Trouver ce refuge ne fut pas sans mal, et je loue la grâce des Valars, de m’avoir permis d’atteindre ce lieu enchanteur, mais je ne puis vous en dire davantage sur moi. Je ne puis que me mettre à votre service, afin de rembourser ma dette, et vous remercier. »


A ces mots, conscient qu’il venait de marquer un sérieux point, Aulendil inclina légèrement la tête, la main sur le cœur, avec une profonde déférence à l’égard de son hôte. L’elfe vagabond et Elrond discutèrent encore plusieurs heures, et celui-ci l’informa que d’ici peu, c’est-à-dire le lendemain, dans l’après-midi selon toute vraisemblance, une réunion allait avoir lieu. Il s’agissait d’un rassemblement de grande importance, car toutes les races y seraient représentées. Aulendil sourit en lui-même, voulant saisir cette chance de placer son prochain pion. Une telle réunion devait obligatoirement avoir une raison extraordinaire. Cela ne pouvait en être autrement.
Le visage humble et empreint de reconnaissance, mais le cœur plus audacieux que jamais, Aulendil tenta une manœuvre, émouvoir Elrond.

« Pensez-vous, ô cher Seigneur Elrond, que ces nobles représentants pourraient m’apporter un quelconque concours dans la quête qui m’occupe ? Pensez-vous que l’un d’eux serait en mesure de venir en aide à un pauvre vagabond oublié par l’histoire et par lui-même ? »

Elrond, circonspect, mais intrigué par la perspective d’en apprendre plus sur cet individu voulut réfléchir à la question, lui promettant de lui donner une réponse le lendemain.

Sentant son corps faiblir dangereusement, Aulendil prit congé de son hôte, cherchant à rejoindre ses appartements. Il s’agissait d’une chambre magnifique. Des tapisseries vertes, argentées, représentant des scènes d’histoires lointaines, remontant pour la plupart à plusieurs millénaires. Une harpe dorée se trouvait également dans un coin de la pièce, et le lit était recouvert de draps de soie. Aulendil ne demanda pas son reste, et son corps lui échappa, sombrant dans les profondeurs d’un sommeil qui serait sans aucun doute réparateur.

¤¤

Alors que son corps dormait du sommeil du juste, son esprit lui était affairé à bien d’autres choses. Pendant ces phases de repos, son esprit réintégrait parfaitement et complètement l’œil nimbé de flammes qui surplombait sa forteresse du Mordor. De là, il organisait activement ses troupes, et donnait ses directives. Il lui restait fort à faire, pour remettre la main sur la totalité de la Terre du Milieu et dominer tous les peuples qui la couvraient. Il nourrissait une féroce rancœur envers les elfes et les hommes, qui avaient eu l’impudence de se dresser maintes fois contre lui. Il serait sans pitié, et ils seraient tous réduits à l’état d’esclaves, de charognes, une fois son emprise et sa domination imposées. Leurs territoires sombreraient dans les flammes, le chaos et le désespoir. Chaque souffle de vie leur deviendrait insupportable, et dans chacun de leurs os, il leur ferait souffrir mille morts.

Sa vengeance ne connaitrait aucune limite, et aucune  miséricorde. Tout retomberait alors sous sa coupe.
¤¤

Il fut réveillé à l’aube, par de nombreux chants d’elfes. Ces derniers avaient les bras tendus vers le ciel en signe de respect envers la nature. Le soleil dardait depuis peu ses rayons sur Imladris, mais la cascade qui se trouvait non loin de là permettait de préserver une certaine fraîcheur aux alentours, évitant de ce fait une atmosphère trop étouffante. La végétation luxuriante offrait un cadre de vie non négligeable, mais cela, Aulendil n’y prêtait guère attention.

Alors que la collation du matin approchait, Elrond vint à la rencontre de son invité. Aulendil était vêtu d’une robe écarlate, brodée de brocards d’or. Une pièce de tissu sombre venait habiller par-dessus cette robe écarlate.  Elrond lui confia qu’il serait autorisé à assister à l’assemblée qui se tiendrait dans l’après-midi. L’objet de ce rassemblement ne lui avait pas été précisé, mais Aulendil avait appris que les hommes, les elfes et les nains avaient été conviés à une réunion extraordinaire qui déciderait de l’avenir des peuples de la Terre du Milieu.
Rien que ça.

Aulendil remercia son hôte, et entama une balade qui lui permettrait de réfléchir un peu au malaise qui le tenaillait depuis le matin.

Les heures passèrent, parfois douloureusement sans qu’il ne sache pourquoi, quand Aulendil entendit des chevaux, et de nombreux bruits divers et diffus. Une effervescence était en train de naître, contrastant furieusement avec le calme qui régnait depuis un peu plus de deux jours.

Les douleurs qu’il ressentait depuis le matin reprirent de plus belles, mais elles semblaient plus profondes et accentuées que de simples douleurs physiques. En son cœur, il sentait poindre un appel, comme une volonté tentant de communiquer avec lui, mais fatiguant son corps et provoquant des choses dont il ne saisissait pas l’origine.

Il avait cru comprendre que quelques heures auparavant, un semi homme dans un état critique avait été amené à Fondcombe, mais ce lieu était si gigantesque, qu’il ne l’avait pas croisé, et qu’il n’en avait pas su davantage. Peut-être avait- il mal compris ?

Se pouvait-il que cet étranger ait un lien quelconque avec le malaise qui naissait progressivement en lui ? La proximité avec quelque chose qu’il connaissait bouleversait totalement la physiologie de ce corps. Son cœur battait de plus en plus vide, menaçant de faire rompre quelque chose à tout moment. Le sang battait dans ses tempes également, et à mesure qu’il marchait, et que les minutes passaient, il sentait son corps de plus en plus faible, et sa température augmenter. Son sang semblait bouillir, et la douleur fut intolérable. Avant la réunion, il souhaita regagner sa chambre, pour prendre un peu de repos. Cela avait-il un sens ??

Alors qu’il redevenait peu à peu maître de son corps, une elfe magnifique à la peau pâle et aux cheveux sombres vint le chercher. L’heure de la réunion était venue. Tremblant encore légèrement, il avançait dans les longs corridors du palais où il logeait. Le rassemblement se déroulerait à ciel ouvert, et Aulendil fut agressé par la chaleur et les rayons du soleil, lorsqu’il passa l’arche menant au lieu de la réunion. Des fauteuils avaient été prévus pour que tout le monde puisse prendre place. Personne n’était encore assis, hormis un petit homme. Il était petit et semblait mesurer la moitié d’un homme normal. Il était calme, serein, absent et passablement fatigué. Au milieu de tous ces fauteuils disposés en arc de cercle trônait un pilier, et dessus, un anneau. Une toute petite chose, semblait-il, mais à la vue de cet anneau, Aulendil fut pris d’une violente douleur à la poitrine, et il porta la main au niveau de son cœur. Il reconnut une chose qu’il avait cherchée depuis bien, bien longtemps. Il avait cru cet anneau perdu dans les affres du temps, et il représentait la raison de son incarnation, la raison de l’utilisation de ce fameux sortilège.

La douleur fut si fulgurante, que plusieurs elfes accoururent pour soutenir le corps d’Aulendil. Il fut transporté sur l’un des sièges qui se trouvaient à quelques mètres à peine, sous le regard inquiet du semi homme.
Aulendil tenta de reprendre sa respiration, mais son esprit était ailleurs, focalisé sur bien autre chose que les soubresauts physiologiques de ce corps, de cet ersatz. Ses yeux étaient focalisés sur ce tout petit objet qui possédait tant de pouvoirs. Tant de choses défilaient dans sa tête et devant ses yeux, il fut submergé, mais fit tout son possible pour ne rien laisser paraître.

** C’est donc ici qu’il fut amené …. **

Le souffle court, le souffle très court, il remercia les elfes venus à sa rescousse. La proximité de l’anneau engendrait en lui des comportements troubles, qui pourraient paraître suspects et dans le même temps compromettre la suite des opérations. Plus que tout, l’urgence vitale, la nécessité absolue était de pouvoir se maîtriser. Il le fallait. Alors qu’il tentait de contrôler son corps, son esprit et son cœur, il vit que un à un, les elfes, les nains et les hommes faisaient leur entrée.

** L’anneau serait-il au centre des préoccupations de tous ? De la Terre du Milieu ? Fascinant….**

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Re: Chapitre I : « Levez Vous ! La Communauté Prend La Route »

Message par Pjaah Briskwind le Jeu 26 Mar - 13:15

En deux cent ans de vie de bohème, de crapahutages sans fins à louer ses bras pour gagner sa vie et tenter de regagner un tant soit peu sa gloire d’antan, Pjaah avait presque oublié à quel point la vie chez les Elfes pouvait être une réalité différente, si loin de la sienne.

C’était si étrange pour elle se retrouver attablée devant un véritable festin, à simplement écouter les conversations, à observer les gens qui l’entouraient. Les mêmes visages fins, les mêmes peaux pâles, les mêmes regards… Une bouffée d’angoisse sourde l’envahit soudainement, aussitôt balayée par sa stupeur. Deux cent ans avaient-ils suffit à en faire une bête sauvage ?

Le Seigneur Elrond, assit non loin d’un homme blond qu’elle n’avait jamais vu à Foncombe, lui envoya une œillade alarmée, qu’elle temporisa d’un vague geste de la main. L’Elfe l’avait déjà vu en pleine crise d’angoisse après avoir perdu tous ses pouvoirs, tous ses repères, et ne souhaitait visiblement pas revivre ça. Le pauvre.
Tout d’un coup, elle sentit un regard la transpercer comme une lance glacée, la faisant tressaillir et tourner la tête vers l’homme qui la dévisageait. Grand, puissant, sa longue chevelure brune taillée un peu sauvagement…son regard mauve si familier… Oh, bon sang !

Herenyonnen ! Elrond avait invité son frère !!

La rousse se mordit la lèvre et fit mine de s’absorber dans son plat de légumes, presque plus écarlate que son manteau. C’est fou ce qu’on pouvait trouver comme choses intéressantes dans cette assiette… oh, tiens, des petits pois ! Son légume préféré…ça par exemple, quelle bonne surprise ! En même temps, c’était elle qui s’était servie…

Son regard coulissa vers son frère, qui s’était levé et avait pris la main d’une jeune Elfe, sur laquelle il déposa un baiser avant de se diriger vers elle. Pjaah sentit son sang se geler dans ses veines et elle amorça un mouvement de recul, bien vite avorté par une poigne de fer sur son bras.

-Bonsoir, petite sœur. Seigneur Elrond, salua t’il avant de l’entrainer dehors.

Figée de stupeur, Pjaah ne réagit que quand il la lâcha et lui enfonça son poing dans le ventre.

-Plus de deux cent ans ! Plus de deux cent ans, te rends-tu compte ?! Tout ce temps, tu m’as laissé croire…tu m’as laissé culpabiliser ! J’ignorais que l’égoïsme était héréditaire, mais tu viens de me le démontrer !

La réflexion de trop. La main de Pjaah partit toute seule, frappant la joue de son frère avec violence. Ce dernier ne broncha pas, ne cilla pas, et la Yondaï se frotta le dos de la main en pestant de douleur. Bon sang, elle avait oublié ! Son frère était littéralement invulnérable.

-L’égoïsme ?! De la part d’une personne qui s’est laissé manipuler comme un enfant dans le but de tuer sa sœur pour qu’une femme prenne sa place, je trouve ça presque insultant !, cracha la rousse, l’œil assassin.

-Ce n’était pas moi, et tu le sais !

-Je sais !

-Alors pourquoi tu n’es pas venue me prévenir, au lieu de te replier je ne sais où ! Si le Seigneur Elrond ne m’avait pas demandé de venir, tu m’aurais laissé croire combien de temps à ton trépas ?!

-Tu n’avais pas besoin de savoir !

-Mais bien sûr ! Ce n’est pas comme si j’avais repris conscience avec ma sœur mourante dans mes bras, et que j’avais vécu deux cent ans et des poussières à maudire ma faiblesse et ma stupidité, railla Herenyonnen avec une ironie mordante. C’est vrai que me prévenir de ta survie n’était pas nécessaire, enfin !

-Je ne voulais pas t’encombrer !, explosa Pjaah, rouge de fureur. Tu aurais fait quoi d’une sœur diminuée, déprimée, affaiblie ?! Rien !

-J’aurais pu t’aider ! Quoi qu’il te soit arrivé, j’aurais pu t’aider !

-A regagner mes pouvoirs ?! A retrouver mon honneur ?! Mais j’imagine que tu te serais délecté de mon humiliation, si j’étais venue te voir ! La fière et puissante Pjaah Briskwind venue ramper aux pieds du mouton noir de la famille, quelle joie ! Quelle revanche !

Herenyonnen la saisit par le col, le regard dangereux, glacial :

-Ne t’avises plus jamais de penser ça de moi, gronda-t-il d’une voix si basse qu’elle du tendre l’oreille pour l’entendre. J’ai certes tué Mère, mais jamais je n’aurais osé humilier quelqu’un dans le besoin, à fortiori ma petite sœur.

Pjaah baissa brièvement les yeux, avant de les écarquiller de stupeur en voyant le coin des lèvres de son frère trembler. La seconde d’après, l’étreinte de son ainé manquait de l’étouffer, l’une de ses mains s’égarant dans ses cheveux alors qu’il la serrait contre lui de toutes ses forces. Il tremblait.

-Je suis si heureux que tu sois en vie…, murmura-t-il d’une voix enrouée par les larmes.

Pjaah se mordit la lèvre et enfouit son visage dans son cou, refermant ses bras sur le dos puissant de son frère. Comment un homme qui avait autant souffert par la faute de sa famille pouvait-il encore faire preuve d’autant d’affection à son égard, même après ce qu’elle venait de lui faire ? Pour l’ancienne reine, qui se savait –si peu- rancunière, c’était impensable. Le regret balaya bientôt la colère et l’incrédulité, et elle s’accrocha un peu plus à son frère.

- Pardon, bredouilla-t-elle en essayant de ne pas pleurer. Je te demande pardon, shermna*…

Herenyonnen ne dit rien, la gardant simplement contre lui. Ils auraient des choses à se raconter, mais pas maintenant.

*

L’assemblée des Peuples (c’était ainsi que l’avait nommé Aercalima, la femme de son frère, pour plaisanter) allait se rassembler sous peu. Debout devant le miroir de la pièce principale de la maison que le Seigneur Elrond avait prêté à son frère, Pjaah achevait de se préparer. Ses cheveux étaient impeccablement nattés et ornés de perles de métal bleu ou vert symbolisant un ennemi tué, elle avait passé ses lourds vêtements de soie écarlate et ses bottes de cuir noir aux motifs d’argent, soigneusement aiguisé sa lame et son verbe. Au diable le maquillage blanc du Masque de la Mort si cher aux Reines Yondaïs qui la précédaient ! Elle avait seulement dessiné sur son front la bénédiction du Jour-représentée par un œil dont jaillissait des rayons, entouré par deux points représentant l’aube et le crépuscule et surplombé par un arc de cercle qui représentait la nuit- avec de l’ocre orange, les cinq Lois de la nuit –cinq triangle de plus en plus petits autour des yeux- avec une pâte de lapis-lazuli broyé mêlé à de la poudre d’os, et le triangle rouge de Kracnaya entre ses sourcils. La Bénédiction était l’attribut des Draconnirs, leur étendard. Les Lois étaient un symbole qu’avait choisi Shin Dreki, une de ses plus fidèle Draconnir, qui avait donné sa vie pour sauver la sienne. Le Triangle rouge était la Marque des Reines. Pjaah lâcha un soupir. Elle avait attendu ça pendant des siècles, et à présent qu’elle y était, tout cela lui paraissait si…vide.

-Et après on se demande pourquoi les femmes sont toujours en retard, intervint Herenyonnen, les bras croisés sur son torse.

-Qui nous demande d’être parfaites, à ton avis ? , rétorqua l’ancienne Reine en rejetant une de ses nattes dans son dos. Comment va ta femme ?

-Le petit bouge beaucoup et la fatigue énormément. Elle se repose. Allez, on est assez en retard comme ça, sourit son ainé en posant sa main dans ses cheveux. Ne t’inquiètes pas pour ton apparence, tu es parfaite.

Pjaah retint un nouveau soupir et sortit rapidement de la maison, son frère sur les talons. Passer la nuit à parler avec lui, à s’engueuler, se réconcilier, s’engueuler de nouveau pour de nouveau se réconcilier, ça avait remis les choses au clair et lui avait ôté un poids des épaules. C’est le cœur léger et le sourire aux lèvres que la rousse arriva dans la salle où avait lieu l’Assemblée. Heureusement, rien n’avait commencé. Il y avait de tout. Les Nains trapus au regard sombre et fier s’étaient assis non loin des Elfes –et semblaient dégoutés par cette perspective. Les Hommes aux bras puissants, vêtus de lourds tissus et de fourrures, s’étaient installés entre les Nains et un étrange vieillard hirsute tout de gris vêtu. Le Seigneur Elrond leur adressa un regard en coin des plus désabusés, et leur fit brièvement signe de s’assoir. Herenyonnen rougit jusqu’aux oreilles et s’installa là où il y avait de la place pour deux, à côté d’un Elfe blond vêtu de rouge, Pjaah l’y rejoignant illico avec un sourire d’excuse.
C’est là qu’elle remarqua un petit garçon, assit à côté du vieillard. Depuis quand les Elfes invitaient t’ils des petits d’Hommes ? Semblant sentir qu’elle le regardait, il leva les yeux vers elle, les baissant aussitôt pendant que Pjaah détournait le regard, observant les autres membres de l’Assemblée avec attention.

Elle reconnut parmi les Hommes Boromir, fils de Denethor, qu’elle avait rencontré adolescent quand son père l’avait embauchée pour elle ne savait plus quelle élimination de créatures parasites. Elle se souvenait particulièrement de lui, surtout quand, du haut de ses quinze ans, il lui avait lancé avec toute l’arrogance des adolescents qu’il aurait réussis à les éliminer en moins de temps qu’elle. Sacré môme… A part lui, elle ne reconnaissait personne. Sauf… son cœur se gela dans sa poitrine quand elle reconnut l’Elfe qui lui faisait face. Legolas! Heureusement, il ne l'avait pas reconnue... Prenant sur elle pour ne pas lui sauter à la gorge dans le but de l’égorger soigneusement, la Yondaï rejeta sa tête en arrière, ne la baissant que quand la réunion commença. Le garçon était descendu de sa chaise, et s’était avancé vers un piédestal posé au centre de la pièce, son petit poing serré sur quelque chose. A ses côtés, elle sentit Herenyonnen se tendre comme un arc. Puis son regard fut happé par l’Anneau.

Oh ! Que ce qu’il lui promettait était tentant ! Pouvoir, honneur, puissance à n’en plus finir ! La vengeance enfin à sa portée, sans aucune crainte de représailles. Et la Gloire d’un Empire éternel, couvrant enfin toute la Terre du Milieu et le reste du continent, avec à sa tête la plus grande des Reines, plus puissante encore que Kracnaya, que les Dieux, que la vie elle-même !

Prend moi dans tes mains, mets-moi à ton doigt, Ô Reine, lui susurrait-il à l’oreille, et sois invincible. Tues donc les faibles qui t’entourent et accomplit ton Destin.

Un choc lui fit reprendre ses esprits. Apparemment, un des Elfes s’était senti mal à la vue de ce bijou, et, heureusement. Une sueur froide coula le long de l’échine de Pjaah quand elle réalisa qu’elle se sentait…appelée, comme un enfant par sa mère, ou comme une mère par son enfant. Une attraction irrésistible, d’une puissance incroyable.

Elle se leva, résistant de toutes ses forces pour ne pas s’élancer et saisir cette…chose ! Non. Prendre soin de celui qui s’était senti mal…

-Hey…ça va… ?, demanda t’elle à l’Elfe.

Herenyonnen, lui, se leva et quitta rapidement la salle, sans un mot.

-Quelle est cette chose ?, demanda la rousse, le visage tourné vers Elrond.

Petit dictionnaire:

Shermna: mot Yondaï signifiant « Bien aimé » (littéralement « cœur mien ») sans la moindre connotation amoureuse. Il s’agit simplement de l’expression d’une immense affection. Son pendant amoureux est « Shermnafëan » (cœur mien éternité)

Pjaah Briskwind

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